- La loi n° 67-12 du 28 novembre 2013 régit tous les baux d'habitation et à usage professionnel au Maroc depuis le 28 février 2014.
- Le bailleur doit fournir un logement décent, effectuer les grosses réparations et délivrer une quittance de loyer gratuitement sur simple demande (article 11).
- Le dépôt de garantie est plafonné à 2 mois de loyer et doit être restitué dans le mois suivant la fin du bail.
- En cas de loyer impayé, la procédure passe obligatoirement par un huissier : aucune expulsion ne peut avoir lieu sans décision judiciaire définitive.
- Le propriétaire peut récupérer son bien pour usage personnel (article 45) sous réserve d'un motif sérieux et légitime, avec un préavis conforme.
Adoptée le 19 novembre 2013 et publiée au Bulletin Officiel n° 6208, la loi 67-12 a profondément refondu les rapports entre propriétaires et locataires au Maroc. Elle est entrée en vigueur le 28 février 2014 et s'applique à l'ensemble des contrats de bail d'habitation et à usage professionnel conclus ou renouvelés depuis cette date. Pour tout bailleur marocain — qu'il gère un seul appartement à Casablanca ou un portefeuille de 50 unités à Rabat — maîtriser la loi 67-12 bailleur est indispensable pour éviter les litiges, protéger son patrimoine et gérer ses locataires en toute légalité.
Qu'est-ce que la loi 67-12 au Maroc ?
La loi n° 67-12 organisant les relations contractuelles entre bailleur et locataire des locaux à usage d'habitation ou à usage professionnel a abrogé le dahir de 1980 qui régissait jusque-là les locations résidentielles. Son objectif central : équilibrer les droits et obligations des deux parties — là où l'ancien texte était perçu comme trop protecteur du locataire au détriment du propriétaire.
Le texte de loi a été publié officiellement par le ministère de l'Habitat et de la Politique de la Ville (MHPV) et s'impose à tous les contrats de bail résidentiels conclus sur le territoire national. Les locaux commerciaux et industriels relèvent quant à eux du dahir de 1955 (loi sur les baux commerciaux).
La loi 67-12 s'applique aux logements, aux locaux à usage professionnel (cabinets, bureaux), mais pas aux locaux commerciaux, aux logements de fonction ni aux résidences hôtelières.
Les obligations essentielles du bailleur selon la loi 67-12
Le bailleur porte la responsabilité de plusieurs obligations légales impératives. Les ignorer expose à des sanctions judiciaires et à la nullité partielle du contrat.
1. Fournir un logement décent et habitable
L'article 4 de la loi 67-12 impose au bailleur de mettre le local à disposition dans un état propre à l'usage convenu : cuisine fonctionnelle, sanitaires, raccordements eau et électricité conformes aux normes en vigueur. Le logement ne doit pas présenter de risques pour la santé ou la sécurité des occupants.
2. Effectuer les grosses réparations
Selon l'article 5, les grosses réparations restent à la charge exclusive du bailleur : toiture, murs porteurs, fondations, canalisations principales, branchements électriques structurels et parties communes. Les réparations locatives courantes (peinture, joints, petite plomberie) incombent en revanche au locataire sauf clause contraire.
3. Assurer la jouissance paisible
Le bailleur garantit au locataire une occupation sans troubles. Il ne peut pénétrer dans le logement sans accord préalable du locataire ni exercer de pressions pour le contraindre à quitter les lieux. Tout acte de harcèlement locatif (coupure d'eau, changement de serrure en cours de bail) est illégal et engage la responsabilité pénale du propriétaire.
4. Délivrer la quittance de loyer gratuitement
L'article 11 est souvent méconnu : le bailleur est tenu de remettre une quittance de loyer dès que le locataire en fait la demande, et ce gratuitement. Refuser ou facturer cette quittance constitue une infraction à la loi. La quittance doit mentionner le montant du loyer encaissé, la période couverte et la date de paiement.
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5. Établir un état des lieux d'entrée
La loi 67-12 rend obligatoire l'établissement d'un état des lieux contradictoire au moment de la remise des clés. À défaut, le local est présumé remis en bon état, ce qui prive le bailleur de tout recours pour les dégradations constatées en fin de bail.
6. Respecter le plafond du dépôt de garantie
L'article 6 plafonne le dépôt de garantie à deux mois de loyer hors charges. Tout montant supérieur est illégal et peut être requalifié par les tribunaux. À la restitution du bien, le bailleur dispose d'un mois maximum pour rembourser le dépôt, déduction faite des réparations dûment justifiées par des devis ou factures.
Le contrat de bail : forme et contenu obligatoires
Contrairement à la pratique informelle répandue, la loi 67-12 impose que le contrat de bail soit obligatoirement écrit et daté. Un bail oral est juridiquement précaire : en cas de litige, la preuve du loyer convenu, de la durée et des clauses devient quasi impossible à établir.
Mentions obligatoires du contrat
| Mention | Détail |
|---|---|
| Identité des parties | Noms, CIN ou carte de séjour, adresses |
| Description du bien | Adresse, superficie, type (appartement, villa, bureau) |
| Durée du bail | Date de début, durée (libre entre parties) |
| Montant du loyer | En dirhams (DH), fréquence de paiement |
| Dépôt de garantie | Montant ≤ 2 mois, conditions de restitution |
| Charges locatives | Nature et répartition |
| Clause de révision | Conditions et périodicité si applicable |
La révision du loyer : conditions et limites
La loi 67-12 ne prévoit pas de révision automatique annuelle du loyer. Toute augmentation de loyer doit impérativement être prévue par une clause expresse du contrat de bail. Sans cette clause, le loyer reste figé pendant toute la durée du bail initial et de ses renouvellements.
Lorsqu'une clause de révision existe, elle doit préciser :
- La périodicité de la révision (généralement annuelle)
- L'indice de référence utilisé (indice des prix à la consommation publié par le HCP)
- Le délai de notification au locataire avant toute augmentation
Attention : une augmentation de loyer imposée sans clause contractuelle ni accord du locataire est nulle de plein droit. En cas de refus du locataire, le propriétaire doit saisir le tribunal — qui peut ou non accorder la révision selon les circonstances.
Que faire en cas de loyer impayé ? La procédure légale
C'est le scénario redouté de tout propriétaire. La loi 67-12 encadre strictement la procédure de recouvrement des loyers impayés. Aucune expulsion ne peut avoir lieu sans décision judiciaire définitive — changer les serrures ou couper les services expose le bailleur à des poursuites pénales.
Les étapes de la procédure en cas d'impayé
- Mise en demeure par huissier : Le bailleur fait signifier au locataire une mise en demeure de payer dans un délai minimum de 15 jours. Cette étape est obligatoire — une simple lettre recommandée ne suffit pas.
- Ordonnance de payer : Si le locataire ne s'exécute pas, le bailleur saisit le président du tribunal pour obtenir une ordonnance de payer. Le juge peut l'accorder en procédure d'urgence.
- Notification et délai de recours : L'ordonnance est notifiée au locataire qui dispose de 48 heures pour payer ou former opposition.
- Exécution forcée : En l'absence de paiement ou d'opposition, l'ordonnance devient exécutoire. Le bailleur peut alors demander l'expulsion par huissier mandaté par le tribunal.
Tableau récapitulatif des délais
| Étape | Délai légal | Acteur |
|---|---|---|
| Mise en demeure | ≥ 15 jours | Huissier de justice |
| Dépôt requête ordonnance | Après expiration du délai | Bailleur / Avocat |
| Notification ordonnance | Variable (jours à semaines) | Tribunal / Huissier |
| Délai d'opposition locataire | 48 heures | Locataire |
| Exécution expulsion | Sur décision définitive | Huissier mandaté |
Un propriétaire casablancais gérant 12 appartements nous a confié : « Avant d'utiliser Aqarrati, je découvrais les impayés parfois 2 mois après le fait. Maintenant, le système m'alerte le jour même où le paiement est en retard — j'envoie l'huissier en semaine 3, pas en semaine 10. » Cette réactivité coupe court à l'accumulation de dettes locatives.
Récupérer son bien pour usage personnel : l'article 45
La loi 67-12 permet au propriétaire de reprendre son logement pour usage personnel ou familial dans le cadre de l'article 45, à condition de justifier d'un motif sérieux et légitime : logement du bailleur lui-même, de son conjoint, de ses ascendants ou descendants directs.
La procédure impose :
- Un préavis conforme signifié par huissier
- La preuve du motif allégué (documents d'état civil, justificatifs)
- L'absence de logement équivalent disponible par le propriétaire dans la même ville
Attention : si le propriétaire reprend le bien sans occupation réelle dans les 6 mois suivants, le locataire peut saisir le tribunal et réclamer des dommages et intérêts.
Sous-location et cession de bail : règles strictes
La loi 67-12 interdit formellement la sous-location sans autorisation écrite et expresse du bailleur. Toute sous-location non autorisée constitue une faute grave pouvant justifier la résiliation judiciaire du bail. Le bailleur qui découvre une sous-location non autorisée peut :
- Mettre en demeure le locataire principal de faire cesser la sous-location
- Engager une procédure de résiliation pour manquement aux obligations contractuelles
- Réclamer des dommages et intérêts pour le préjudice subi
Comparatif : droits et obligations de chaque partie
| Domaine | Obligations du Bailleur | Obligations du Locataire |
|---|---|---|
| État du logement | Fournir logement décent, grosses réparations | Entretien courant, petites réparations |
| Paiement | Délivrer quittance gratuite sur demande | Payer le loyer à date convenue |
| Dépôt de garantie | Plafonner à 2 mois, restituer sous 1 mois | Verser au moment de l'entrée dans les lieux |
| État des lieux | Établir état des lieux contradictoire à l'entrée | Signer et conserver un exemplaire |
| Sous-location | Autoriser par écrit si accord donné | Interdite sans autorisation écrite |
| Fin de bail | Respecter les délais légaux de congé | Préavis conforme, restituer les lieux en état |
Comment Aqarrati simplifie la conformité à la loi 67-12
Gérer la conformité à la loi 67-12 manuellement — suivre les paiements, générer les quittances, alerter sur les impayés, documenter les états des lieux — est chronophage, surtout au-delà de 5 biens. Aqarrati automatise ces tâches pour les bailleurs marocains :
- Quittances automatiques : générées en PDF et envoyées par email dès réception du loyer (article 11-compliant)
- Alertes impayés : notification le jour J+1 du retard, avec historique des paiements pour constitution du dossier huissier
- États des lieux numériques : photos horodatées, signatures électroniques, archivage cloud
- Contrats de bail pré-remplis : modèles conformes à la loi 67-12, en arabe et français, avec toutes les mentions obligatoires
- Suivi du dépôt de garantie : calcul automatique des délais de restitution et du montant restant
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