- Les loyers perçus par un particulier au Maroc sont imposés à l'IR au titre des revenus fonciers.
- Un abattement forfaitaire de 40 % s'applique sur les loyers bruts (article 64-II du Code général des impôts). Les 60 % restants s'ajoutent à votre revenu global, imposé au barème progressif (article 73-I) : exonération jusqu'à 40 000 DH, puis de 10 % à 37 %.
- Si votre locataire est une société, une administration ou un professionnel au régime du résultat net réel ou simplifié, il retient 10 % ou 15 % sur chaque loyer. Cette retenue n'est pas libératoire : elle s'impute sur votre impôt annuel.
- Pour ces loyers soumis à la retenue, vous pouvez opter pour un taux libératoire de 20 % sur le brut, depuis 2025 (articles 64-IV et 73-II-F).
- La déclaration annuelle et le paiement de l'impôt se font avant le 1er mars de l'année suivante.
Vous louez un appartement à Casablanca, une villa à Marrakech ou un local à Rabat, et vous voulez savoir combien d'impôt vous devez sur vos loyers en 2026. Ce guide suit le Code général des impôts 2026 et le guide fiscal publié par le ministère chargé des Marocains résidant à l'étranger.
Qui est concerné
Sont des revenus fonciers, au sens de l'article 61 du Code général des impôts, les revenus encaissés provenant de la location d'immeubles bâtis et non bâtis et de constructions de toute nature, lorsqu'ils n'entrent pas dans la catégorie des revenus professionnels. Cela vise les logements, les bureaux et les locaux commerciaux loués par un particulier, qu'il soit résident, Marocain résidant à l'étranger ou étranger non-résident, dès lors que le bien est situé au Maroc.
Si le bien appartient à une société, ses loyers relèvent de l'impôt sur les sociétés et non de ce régime.
Le calcul en trois étapes
Étape 1 — Le revenu foncier brut
L'article 64-I définit le revenu foncier brut : c'est le montant brut total des loyers. Il est augmenté des dépenses qui incombent normalement au propriétaire mais qui ont été mises à la charge du locataire (notamment les grosses réparations), et diminué des charges que le propriétaire supporte pour le compte du locataire.
Étape 2 — L'abattement de 40 %
Le revenu net imposable s'obtient en appliquant un abattement forfaitaire de 40 % sur ce revenu brut (article 64-II). Autrement dit, vous êtes imposé sur 60 % de vos loyers. L'abattement est forfaitaire : il n'y a pas de déduction des frais réels (intérêts d'emprunt, travaux, frais de gestion).
Étape 3 — Le barème progressif
Ce revenu net s'ajoute à vos autres revenus éventuels (salaire, pension…) dans votre revenu global, imposé au barème de l'article 73-I :
| Tranche de revenu net imposable (DH/an) | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 40 000 | Exonéré |
| 40 001 – 60 000 | 10 % |
| 60 001 – 80 000 | 20 % |
| 80 001 – 100 000 | 30 % |
| 100 001 – 180 000 | 34 % |
| Au-delà de 180 000 | 37 % |
Source : Code général des impôts 2026, article 73-I.
Exemples
Pour un propriétaire dont les loyers sont le seul revenu :
- Un appartement loué 8 000 DH par mois : 96 000 DH de loyers bruts ; après abattement, 57 600 DH de revenu net. Impôt : (57 600 − 40 000) × 10 % = 1 760 DH.
- Trois biens pour 25 000 DH par mois au total : 300 000 DH de loyers bruts ; 180 000 DH de revenu net. Impôt : 2 000 + 4 000 + 6 000 + 27 200 = 39 200 DH.
Si vous avez d'autres revenus, vos loyers nets viennent s'y ajouter et sont imposés à votre taux marginal : l'impôt réel peut être nettement plus élevé que dans ces exemples.
La retenue à la source : un acompte, pas l'impôt final
Si votre locataire est une personne morale de droit public ou privé (société, administration, association), ou une personne physique dont les revenus professionnels relèvent du régime du résultat net réel ou du résultat net simplifié, il doit retenir l'impôt à la source sur les loyers bruts qu'il vous verse et le reverser au Trésor (articles 154 bis et 160 bis) :
- 10 % si vos revenus fonciers bruts sont inférieurs à 120 000 DH par an ;
- 15 % s'ils atteignent ou dépassent 120 000 DH.
Ces taux sont non libératoires : le montant retenu est imputé sur l'impôt sur le revenu que vous devez au titre de l'année. Vous déclarez donc toujours ces loyers.
Le locataire est dispensé de la retenue lorsque le montant annuel brut des loyers qu'il verse à un même propriétaire ne dépasse pas 40 000 DH (article 160 bis).
L'option pour le taux libératoire de 20 %
Depuis 2025, pour les revenus fonciers soumis à cette retenue, vous pouvez opter pour une imposition au taux libératoire de 20 % sur le montant brut (articles 64-IV et 73-II-F-12°). La demande se fait par voie électronique auprès de l'administration fiscale, qui délivre un récépissé ; vous en remettez une copie à votre locataire au moins 30 jours avant l'échéance du loyer du mois suivant (article 64-IV). La retenue est alors opérée à 20 %, et vous n'avez plus à déclarer cette partie de vos loyers.
20 % du brut équivaut à environ 33 % du revenu net après abattement. L'option n'est donc intéressante que si votre taux marginal au barème dépasse ce niveau, typiquement quand vous avez déjà des revenus élevés par ailleurs. Faites le calcul avec un expert-comptable avant de la demander.
La déclaration annuelle
Vous déposez la déclaration annuelle de votre revenu global, par voie électronique, et payez l'impôt correspondant avant le 1er mars de l'année qui suit celle où les loyers ont été encaissés (article 82). Pour les revenus fonciers, la déclaration indique notamment le nom de chaque locataire, la situation et la consistance de chaque bien loué, et son numéro d'article à la taxe de services communaux.
Les démarches se font sur le portail de la Direction générale des impôts, tax.gov.ma.
Pénalités en cas de retard
| Situation | Majoration |
|---|---|
| Déclaration déposée avec 30 jours de retard au plus | 5 % |
| Déclaration déposée après ce délai de 30 jours | 15 % |
| Imposition d'office pour défaut de déclaration, déclaration incomplète ou insuffisante | 20 % |
Source : Code général des impôts 2026, article 184.
Ce que les propriétaires oublient souvent
1. La taxe de services communaux s'ajoute à l'IR
En plus de l'impôt sur le revenu, un logement loué est soumis à la taxe de services communaux (TSC), calculée sur le montant global des loyers : 10,5 % en commune urbaine, 6,5 % en zone périphérique (loi 47-06, articles 35 et 36). Il n'est pas soumis à la taxe d'habitation. Le détail est dans notre guide sur la taxe foncière pour un bien loué.
2. Les MRE ont les mêmes obligations
Un Marocain résidant à l'étranger qui loue un bien situé au Maroc est imposé sur ces loyers selon les mêmes règles. Le ministère chargé des MRE publie un guide fiscal dédié.
3. Gardez un bail écrit et vos quittances
La loi 67-12 impose un contrat de bail écrit à date certaine, et oblige le bailleur à délivrer gratuitement une quittance au locataire qui la demande (article 11). Ces documents justifient le montant des loyers que vous déclarez. Voir notre modèle de quittance de loyer.
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Sources
- Code général des impôts 2026, articles 61, 64, 73, 82, 154 bis, 160 bis et 184 — Ministère de l'Économie et des Finances.
- Guide fiscal des Marocains résidant à l'étranger 2025, section « Revenus fonciers » — Ministère délégué chargé des MRE.
- Loi n° 47-06 relative à la fiscalité des collectivités locales, articles 19, 35 et 36 — Bulletin officiel.
- Loi n° 67-12 relative aux rapports contractuels entre bailleurs et locataires, articles 3 et 11 — Bulletin officiel n° 6208 du 28 novembre 2013.
Ce guide est informatif et ne remplace pas un conseil personnalisé. Pour votre situation, consultez un expert-comptable ou le service des impôts dont vous dépendez.
